Centres Financiers à La Banque Postale. En terminer avec 2020 !

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Commission des Centres Financiers - Fréjus 2019

En ce début d’année, les personnels des Centres Financiers ne se sont pas sentis à l’aise avec les changements et annonces de nouvelles transformations, donnant le « ton » du futur plan stratégique 2020/2030. À la question « les évolutions actuelles au sein de La Banque Postale sont plutôt une bonne chose, plutôt une mauvaise chose ou ni une bonne ni une mauvaise chose ? » 38 % ont répondu « plutôt une mauvaise chose » du point de vue des personnels et 31 % du point de vue des personnels vis-à-vis des clients. L’expression des agents lors du dernier baromètre social spécifique métier est loin d’être satisfaisante.

Des métiers évoluant depuis déjà plusieurs années

Au fil du temps, ce ne sont plus des points d’attention mais bien de réelles alertes sur la confiance dans l’avenir des Centres Financiers. Les agents inquiets ou sceptiques au regard des évolutions de La Banque Postale, continuent de considérer ces changements comme trop rapides, mal engagés, mal accompagnés. Les personnels ne trouvent pas leur place. Et pourtant, ils restaient encore fiers (données baromètre social 2019) de travailler au sein de La Banque Postale…

Ça, c’était avant la COVID et les confinements successifs de 2020… C’était avant le déclenchement du Plan de Continuité de Service accentuant la vague numérique sur notre métier. C’était avant ces plans d’actions qui se sont révélés inefficaces pour renforcer l’efficience du SI, la généralisation d’outils et applicatifs toujours autant inadaptés. C’était avant la mise en place du télétravail de crise…
Les défis à venir, au premier plan desquels le numérique, invitent à la vigilance. Certes, l’Intelligence Artificielle peut être vecteur d’innovation et de progrès, mais indéniablement génératrice de productivité. Aujourd’hui, notre clientèle paie et utilise les services bancaires à distance. Le résultat qui en découle est sans appel : le digital va irriguer toutes les activités bancaires. C’est pourquoi à ce jour, les canaux numériques prennent de plus en plus de place dans la relation clientèle.

Pour FO Com, il est nécessaire de mesurer dès maintenant les impacts du numérique sur nos métiers, sur la protection des postiers et de leurs collectifs de travail. FO Com mettra tout en œuvre pour garantir des activités pérennes sur tous les sites dans le cadre des négociations qui s’ouvriront en 2021.

Le projet en cours sur les « nouvelles méthodes de travail » initié par La Banque Postale envisage bien, à termes, la transformation de nos organisations de travail. Ces nouvelles méthodes d’organisations vont s’intégrer dans nos différentes activités, vont les transformer, faire évoluer nos métiers, nos fonctions, la façon d’être managé et de manager. On le voit déjà avec la mise en place du travail à distance « COVID » qui s’est mis en place dans les centres depuis avril. « Se déconnecter le soir ou le week-end », bon nombre de collègues n’y arrivent plus tant la charge émotionnelle et mentale est forte.

Le constat est bien là : la frontière entre l’entreprise et l’extérieur est devenue plus poreuse! La réponse du moment pour La Poste étant « parlons Zen », avec la mise en place d’espaces de discussions sur le travail portant à des échanges entre le manager et son équipe. Cette mise en œuvre a pour but de faciliter le travail de l’équipe au quotidien et traiter les problématiques diverses de la vie au travail (conditions de travail, organisation, management développement, coopération, etc). Mais pour FO Com, il faut bel et bien mesurer les impacts des organisations dans le cadre de cette crise, c’est impératif !

Quels enseignements devons-nous en tirer ?

Depuis des décennies, le métier a connu de fortes transformations et reconversions induites. FO Com a pris ses responsabilités en signant les divers accords AMB. En vigueur jusqu’à fin 2020, AMB3 protège, rassure. Et il était inconcevable en cette période de ne pas avoir de réponse à notre demande de prolongation !
Nous venons enfin d’obtenir cet allongement sur 2021 et mettrons tout en œuvre pour consolider les acquis, la traduction des efforts fournis par les personnels, dans ces années marquées par tant de transformations et de remises en question.

FO Com déploiera toutes ses forces pour négocier et revendiquer afin de transposer les garanties acquises et contractualisées dans cet accord. Nous connaissons déjà la teneur de ces négociations portant sur « l’employabilité » et des « contreparties » dans ce futur plan, qui sera sur le tout digital et la simplification encore plus poussée des processus.

Pour FO Com, les incontournables sont de continuer le recrutement et l’accueil d’apprentis, maintenir les sites, donner aux managers les moyens de faire du management humain, construire et avoir une visibilité sur nos parcours professionnels.

Un bilan et des études d’impacts devront être initiés sur les organisations élaborées tout au long de cette crise sanitaire. FO Com le dit et le dénonce : ces organisations de travail ne sont pas respectueuses de la santé physique et morale des personnels.
Nos actions, nos leviers, notre force : notre réseau de militants, membres de CHSCT et correspondants FO Com sur site ! Mobilisés, investis et en proximité, ils répondent toujours présent !
L’intergénérationnel est également important pour appréhender les Centres Financiers de demain et forger la plaque revendicative à défendre dans les prochaines années.

Quels enseignements devons-nous en tirer ?

C’est plus de 10 000 personnes sur les Centres Financiers, les Centres Financiers Nationaux, la Banque à Distance, le Centre National de Mise en Relation, le siège des Services Financiers. Le plus souvent, ces sites tertiaires sont géographiquement implantés dans les grosses agglomérations, ainsi que dans les DOM avec 4 Centres Financiers.

L’âge moyen est d’un peu plus de 50 ans, au-delà de la moyenne d’âge de La Poste, avec plus de 3 500 personnes entre 55/59 ans et plus de 1 400 personnes entre 60 et 65 ans. D’où l’accent à mettre sur la nécessité de sécuriser les compétences et d’organiser ces transferts de compétences ! Les quelques 300 recrutements annuels ne compensent pas les centaines de départs en retraite. Notre périmètre métier a la particularité d’avoir un plus fort taux de personnels sous statut fonctionnaire. Là aussi, c’est une exception au niveau des métiers de La Poste. Les femmes sont une forte composante des effectifs, avec 65 % de représentation voire plus sur certains métiers.