PROGRÈS FRAGILES, INÉGALITÉ PERSISTANTES

En 2026, la santé mentale des salariées françaises s’améliore, mais cette évolution encourageante ne doit pas masquer une réalité persistante : les femmes continuent d’être les plus exposées aux risques psychiques liés au travail. Leur état de santé mentale reste un révélateur des inégalités structurelles présentes dans le monde professionnel, davantage qu’un indicateur de fragilité individuelle.

Selon le baromètre du cabinet Qualisocial, 22 % des travailleurs déclarent une mauvaise santé mentale, soit près de six millions de personnes. Parmi eux, on compte tout de même 810 000 salariés en difficulté de moins qu’en 2025. Cette amélioration est plus nette chez les femmes : leur santé mentale progresse de 5 points, contre 2 chez les hommes. Ce progrès souligne un point essentiel : lorsque l’on agit sur l’égalité professionnelle, la parentalité, l’organisation du travail et la prévention des risques psychosociaux, ce sont d’abord les femmes qui en bénéficient parce qu’elles portaient jusqu’ici une charge plus lourde.

Des écarts persistants selon les environnements de travail
Derrière cette amélioration générale se cachent de fortes disparités. Dans de nombreux secteurs, les conditions de travail difficiles, la charge mentale, le manque de temps pour soi, les tensions économiques ou les conflits mal gérés continuent de fragiliser les salariées. Là où aucune politique de prévention n’est mise en œuvre, les mêmes causes produisent les mêmes effets : le mal être, la fatigue psychologique et la perte de sens. À l’inverse, dans les entreprises dotées de dispositifs d’écoute, d’accompagnement psychologique, de formation managériale et d’une stratégie QVCT structurée, 86 % des salariés, et en particulier des femmes, déclarent aller mieux. Ces pratiques démontrent qu’une politique de santé au travail ambitieuse est un levier concret d’égalité et de performance collective.
La reconduction de la santé mentale comme « Grande cause nationale » a permis de libérer la parole : 56 % des salariés en ont entendu parler et 61 % estiment plus facile d’aborder ces sujets au travail. C’est une avancée majeure pour nommer sans culpabiliser les réalités vécues par les femmes : la surcharge de rôles, la pression à « tout gérer », ou encore leur forte exposition dans certains métiers de soin, de relation ou de service. Mettre en avant leur santé mentale, c’est rendre visibles les inégalités qui la fragilisent et reconnaître les politiques qui commencent à y remédier.

Agir par le dialogue social et la prévention

Pour FO Com, la santé et la sécurité au travail ne doivent plus être perçues comme une contrainte financière, mais comme des enjeux de justice et de progrès sociaux. L’organisation rappelle que la loi de 2014 sur l’égalité réelle impose que toute évaluation des risques professionnels doit tenir compte de « l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe ». Cette obligation légale constitue un levier essentiel pour construire des milieux de travail plus justes et inclusifs.

La négociation collective demeure au cœur de la stratégie de FO Com pour faire évoluer durablement les conditions de travail, combattre les stéréotypes de genre, le sexisme et toutes les formes de discrimination. Face à la montée des risques psychosociaux, l’organisation revendique la création d’un tableau de maladies professionnelles consacré aux RPS, la mise en place effective de mesures de prévention contre le mal-être au travail, ainsi que les vérifications et sanctions en cas de manquement aux obligations légales d’évaluation et de prévention des RPS.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes en date du 8 mars 2026, année où la santé mentale est érigée en « Grande cause nationale », le message porté par FO Com est clair : la santé mentale des femmes constitue un enjeu central de l’égalité professionnelle. Aucun progrès durable ne saurait s’envisager sans elles ni à leur détriment. Travailler à leur bien-être, c’est faire progresser l’ensemble du monde du travail.