Depuis des années, FO Com au sein de UNI Global Union a participé à plusieurs reprises à l’Alliance mondiale des travailleurs d’Amazon. A chaque fois, ces derniers ont tous dénoncé leurs mauvaises conditions de travail et de maigres salaires. Oliver Roethig, secrétaire régional de la fédération syndicale UNI Europa, a témoigné des conditions de travail éprouvantes dans les entrepôts d’Amazon, où les travailleurs sont soumis à une surveillance constante et à une pression constante pour être performants.
En janvier 2023, la première étude internationale menée auprès des employés d’Amazon sur les principaux marchés a révélé que le système de contrôle des performances d’Amazon fait que les employés se sentent « stressés, sous pression, anxieux, comme des esclaves, des robots et comme si on ne leur faisait pas confiance ». Plus de la moitié des employés d’Amazon interrogés affirment que les systèmes de surveillance d’Amazon ont eu un impact négatif sur leur santé (51 %) et leur santé mentale (57 %).
En février 2024, plus de 30 syndicats et organisations de la société civile, dont UNI Europa, ont adressé une lettre commune à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, pour retirer aux lobbyistes d’Amazon leurs badges d’accès au parlement. Les badges ont finalement été retirés, jusqu’à ce que les lobbyistes d’Amazon assistent à une future audition au Parlement européen et accueillent une délégation parlementaire dans les entrepôts d’Amazon.
Malgré l’interdiction du lobbying, Amazon a encore augmenté ses dépenses de lobbying pour atteindre un niveau record de 7 millions d’euros, ce qui en fait le deuxième plus gros contributeur financier au lobbying européen (à égalité avec Microsoft et Apple). Au moins 69 réunions se sont tenues avec des députés européens !
En mai 2024, plus de 20 dirigeants de grands syndicats européens, représentant plus de huit millions de travailleurs, ont appelé les autorités européennes chargées de la protection des données à renforcer la surveillance des pratiques abusives – et potentiellement illégales – d’Amazon en matière de surveillance des données.
Après qu’Amazon ait annoncé la suppression de 14 000 postes en octobre 2025 puis 16 000 postes en janvier 2026 et sous la pression exercée par les syndicats et les députés européens, la direction d’Amazon s’est enfin présentée ce 28 janvier pour une audition devant la commission de l’emploi du Parlement Européen.
A l’issue, UNI Global Union a déclaré que « le nouvel engagement d’Amazon en faveur de la responsabilité démocratique est aussi timide que son engagement en faveur du bien-être de ses travailleurs ». En Allemagne, Amazon refuse toujours de négocier collectivement avec le syndicat Verdi, malgré des demandes répétées. Selon Silke Zimmer, membre du comité exécutif fédéral de Verdi, « Amazon doit enfin s’engager dans le dialogue social si elle souhaite exercer ses activités ici. Cela signifie créer des lieux de travail dignes et reconnaître les conventions collectives. Amazon refuse de faire l’un ou l’autre ».
Les syndicats ont également réclamé une « taxe Amazon », une taxe globale sur les services numériques, afin d’uniformiser les règles du jeu avec les employeurs européens qui participent au dialogue social et concluent des accords avec les syndicats. Ils demandent également qu’Amazon soit exclu des contrats publics lucratifs, arguant que l’argent des contribuables ne devrait pas financer la répression syndicale à l’américaine en Europe et la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis.
Le bilan d’Amazon, entaché par des allégations d’exploitation des travailleurs, de violations des lois antitrust, d’évasion fiscale et de négligence environnementale, a suscité de vives critiques de la part des syndicats et des groupes de défense des droits à travers le monde. UNI Global Union maintiendra une pression croissante exercée sur Amazon grâce la campagne« Make Amazon Pay » (« faire payer Amazon »), qui mobilise chaque année des grèves et des manifestations lors du Black Friday.
C’est également par le biais de cette dernière que FO Com interpelle la Commission Européenne (dont les commissions concernées) pour entreprendre une analyse plus poussée d’une concurrence qui pénalise les opérateurs publics européens investis de missions de services publics (la livraison du dernier kilomètre), les travailleurs du secteur postal (conditions de travail et de rémunération) et au final les consommateurs (le choix du consommateur). Dans le cadre de la révision de la Directive Postale, FO Com défend l’idée qu’il faut revoir le périmètre postal et ses missions pour mieux en préserver les travailleurs postaux.
