Pour certains dévots du libéralisme, le courrier déclinant, La Poste n’a plus de raison d’être, malgré ses missions de service public.
Pourtant, le gouvernement charge cet été La Poste d’une mission exceptionnelle : mobiliser son réseau de facteurs pour repérer et protéger les personnes vulnérables (âgées, isolées) pendant la canicule, en appui des communes volontaires. Preuve s’il en est que notre réseau postal est indispensable car il est unique ! N’en déplaise à nos détracteurs tant inspirés par le Danemark ! Et nos facteurs sont encore plus méritants compte tenu des conditions de travail subies !
Cet été, loin du terrain, des incendies et de la sécheresse, l’Union européenne prépare sa réforme du secteur postal qui menace l’obligation de service universel (OSU), garantissant à tous un accès égalitaire au courrier et aux colis. Sous couvert de « flexibilité », les options proposées risquent de démanteler le service public, précariser les emplois et abandonner les territoires ruraux. FO Com, avec UNI Europa, sonne l’alarme : ces réformes ne moderniseront pas le service, elles le tueront.
Après deux précédentes consultations, La Commission lance une enquête en proposant trois nouveaux scénarii. L’option 1 maintient un cadre minimal, mais insuffisant : elle n’inclut pas les colis dans l’OSU, alors qu’ils sont la seule source de revenus durable pour le réseau. Les options 2 et 3, en revanche, laissent chaque État décider seul de son service universel ! Résultat : un nivellement par le bas, l’exclusion des zones rurales, et une précarisation généralisée. Au Danemark, une déréglementation similaire a conduit à l’effondrement du secteur postal.
La réforme envisage aussi de réduire la fréquence de distribution à 3, voire 1 jour par semaine. Cela signifierait la suppression de tournées avec des conséquences sur le développement des activités concurrentielles, des fermetures de bureaux de poste et des pertes d’emplois massives (10% de tournés supprimées équivalent à 5000 emplois). Les zones rurales seraient les premières abandonnées. FO Com exige le maintien des 5 jours de distribution, avec des exceptions limitées et négociées.
Autre menace : la généralisation des relais colis ou pickup au détriment de la livraison à domicile. Sous prétexte de modernisation, cette mesure exclurait les personnes âgées, handicapées ou en exclusion numérique, et précariserait les emplois via la sous-traitance. Nous exigeons que la livraison à domicile reste un droit, surtout pour les publics vulnérables.
Enfin, la Commission veut supprimer l’annexe I, qui définit une méthodologie transparente pour calculer le coût net de l’OSU. Sans elle, les États pourraient bricoler leurs propres calculs, sous-estimer les coûts réels et faire pression sur les salaires. FO Com demande une méthodologie européenne harmonisée, incluant le coût de l’emploi décent et des conventions collectives.
Nous défendons l’idée qu’il faut élargir l’Obligation de Service Universel aux colis, maintenir les 5 jours de distribution, garantir la livraison à domicile, renforcer la résilience et assurer un financement solidaire par l’acquisition d’une licence d’opérateur. Le service postal n’est pas une marchandise. Mobilisons-nous pour le défendre !
#SauvonsLaPoste #NonÀLaPrécaritéPostale
