Dans le cadre du financement des missions de service public postal, FO Com a été reçue par la commission des finances de l’Assemblée Nationale le 21 janvier dernier. Ce fut l’occasion de rappeler nos revendications, dont la principale est l’exigence d’une compensation intégrale, à l’euro près, du coût des missions de service public. En effet, le désengagement de l’État oblige actuellement La Poste à assumer chaque année environ un milliard d’euros, grevant ainsi sa capacité d’investissement et freinant sa recherche de nouvelles activités. Les postiers en subissent directement les conséquences : dégradation de l’emploi et des conditions de travail due à des réorganisations fréquentes et ambitieuses, ainsi qu’une stagnation salariale.
Au-delà de La Poste et des postiers, c’est également une atteinte au modèle républicain. Le passage du facteur assure une présence quotidienne, constituant un véritable lien social. Le maintien d’un bureau de poste, garant de l’aménagement du territoire, joue un rôle indispensable, notamment envers les populations les plus vulnérables ; sans bureau de poste, l’accessibilité bancaire est compromise. Quant à la distribution de la presse, elle est un pilier démocratique qui permet la libre circulation des idées et la pluralité de l’information.
La Poste résiste malgré ce désengagement, y compris à chaque fois que la Cour des comptes publie un rapport, souvent critique à son égard. Mais jusqu’à quand pourra-t-elle résister ? Et les postiers ?
Régulièrement, FO Com est sollicitée, elle écrit et alerte : ministres, actionnaires, administrateurs… Cependant, nous savons que la question est hautement politique. C’est pourquoi nous avons demandé, lors de cette audition, si l’État avait encore la réelle volonté de maintenir un service public postal.

« Rappelons que le service public n’est, par essence, pas rentable au sens économique, mais c’est un investissement pour les citoyens et la Nation. Il n’y a pas de République sans service public. »