Pour un travail décent à l’ère du numérique

Précipités par la pandémie du Covid-19, les changements dans la nature du travail et la qualité des emplois se succèdent à un rythme effréné. Les travailleurs et les travailleuses sont poussés à travailler plus dur et plus vite, par des technologies conçues pour tirer le maximum d’efforts de chaque minute de travail.

Aussi ces nouvelles technologies permettent d’exercer des pressions sur la productivité à une échelle qualitativement différente, car les données et la capacité de traitement sont beaucoup plus importantes. Alors que par le passé, un cadre disposait de peu de temps pour analyser les données, aujourd’hui les informations sont analysées par une machine. Cela peut conduire à une évaluation fine et en temps réel de chaque personne. C’est le constat des syndicats du monde entier réuni lors du Congrès Mondial d’UNI Global Union ces derniers jours d’août.

Plusieurs délégués ont rappelé que cette surveillance permanente dégrade le travail et viole la sphère privée, en particulier dans le cadre du télétravail.

La pression qui en résulte pour accroître la productivité pousse les travailleurs à ne pas prendre de pause pour atteindre les quotas, ce qui entraine les problèmes physiques et psychosociaux en matière de santé et de sécurité.

L’IA générative, à la différence de la gestion algorithmique, fait appel à de grands modèles de langage qui ont été entrainés avec des textes, des sons et des images provenant d’internet. Des Chatbots tels que ChatPGT ont étonné le monde entier par la qualité de la rédaction et la création du contenu à l’aide de l’analyse prédictive.

Certaines entreprises prévoient que la technologie leur permettra de réduire le nombre d’assistant. Dans le cas des centres d’appels, certains appels peuvent être automatisés. L’utilisation d’un modèle GPT peut compléter le travail d’un opérateur et réduire ainsi le temps nécessaire à chaque appel.

L’IA générative et l’Intelligence artificielle générale suscitent bien d’autres inquiétudes et les médias réclament une réglementation, car cette technologie peut être considérée comme une menace existentielle pour l’Humanité.

Les premières bases de mesures protectrices de l’IA ont été établies et votées au Parlement Européen en Juin dernier. Cet IA Act va permettre aux pays membres de l’UE de se référer à ce texte, afin de convertir dans leur réglementation nationale ces mesures de protection en matière d’IA, en faveur des travailleurs.

Pour toutes ces raisons, les travailleurs et leurs syndicats doivent être présents à la table des négociations pour négocier les conséquences de ces changements, pour garantir que les nouvelles formes de travail soient sûres, que les travailleurs aient un salaire décent, que les horaires soient corrects et que les travailleurs bénéficient de ces gains d’efficience. C’est ce que FO COM a réitéré lors des travaux de ce congrès mondial : les travailleurs ne doivent pas être les grands perdants de cette nouvelle ère technologique !