Séisme d’ampleur historique sur le marché de l’emploi

Le confinement est passé par là : le marché de l’ emploi se trouve dans une situation délicate. La demande explose, l’offre n’est pas au rendez-vous. Et quand elle s’y trouve, les postes stables sont rares, en particulier dans des régions déjà fragilisées par le chômage.

Selon la Dares (https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/statistiques-de-a-a-z/article/les-offres-collectees-et-satisfaites-par-pole-emploi-les-series-mensuelles), une baisse de 19% a été enregistrée en septembre 2020 par Pôle Emploi, en comparaison au même mois de l’an passé. De son côté, Indeed parle de « marché du travail toujours fortement affecté », avec une baisse de 34%. Enfin, l’Apec, spécialiste du recrutement des cadres note « un recul des offres de 33% entre janvier et septembre 2020 » par rapport à la même période en 2019.

La situation devient tellement tendu que Pôle Emploi a visiblement recours à des prestataires privés ayant répondu à un appel d’offres dans 4 régions de France (Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire, Occitanie, Normandie) pour trouver « un emploi stable ». À noter que la définition d’un emploi stable par Pôle Emploi peut laisser songeur… En effet, sont considérés comme durables les postes en CDI, les contrats (CDD ou intérim) d’une durée supérieure ou égale à six mois ainsi que la création ou la reprise d’une entreprise.

En filigrane et au regard de ces constats, comment ne pas se poser la question de la réforme de l’assurance chômage ? Reportée à début janvier 2021, cette réforme envisage de durs changements. Le mode de calcul des allocations devrait être modifié car toutes les périodes, y compris non travaillés, seront comptabilisés pour vos droits et il faudra avoir travaillé six mois (auparavant quatre) pour être indemnisé.

Au regard de la situation extrêmement difficile pour des millions de personnes, on pourrait naturellement se poser la question : est-ce bien raisonnable de poursuivre cette réforme? En tout cas, FO combattra ce projet avec ferveur. Le pouvoir d’achat de français, déjà fragilisé, est en jeu et il n’est pas question de les abandonner.