Conditions de travail ou travail sans conditions ?

Selon une définition couramment employée, les conditions de travail recouvrent les aspects matériels, organisationnels et psychosociaux dans lesquels évolue un salarié au sein de son entreprise. Le travail engendre des effets positifs ou négatifs sur la santé physique et psychique et donc, réorganiser un service ou une activité est censée permettre une amélioration de celui-ci. Qui serait donc mieux placé pour évoquer les conditions de travail que le salarié lui-même ?
À La Poste, même si la reflexion sur le sujet existe vraiment, qu’en est-il de la réalité ? Les actions menées sont-elles efficaces ? Les établissements, bureaux et services ont-ils les moyens d’apporter aux postières et aux postiers des conditions de travail optimales au vu de la productivité demandée malgré de nombreux accords en la matière ? Est-ce que les études d’impacts se tiennent et sont réellement suivies d’effets ? Est-ce que les alertes des acteurs de la prévention sont écoutées et entendues ?
À FO Com, nous avons notre petite idée sur ces questions…
Améliorer les conditions de travail a un coût pour La Poste (moyens, emplois, formation, prévention, …) mais, de mauvaises conditions peuvent coûter beaucoup plus chères aux postiers (burnout, accidents de service, handicap). Tout ceci entraînant fatalement un absentéisme bien au-dessus de la moyenne nationale notamment à la BSCC (Branche Service Courrier Colis).
Une étude annonce qu’on passerait, au cours d’une vie, plus de cent mille heures à travailler, soit plus de douze ans.soit plus de douze ans. Est-ce que ça ne mériterait pas qu’on se penche un peu plus sur la question des conditions de travail ?
Risques au travail : pour une prévention renforcée

Si on se saisit des conditions de travail, il faut en aborder les différents aspects. D’une part, on y décèle les contraintes physiques liées au port de charges lourdes, de l’exposition à des produits chimiques ou au bruit par exemple. D’autre part, et parfois même observé de manière cumulative, on constate que les salariés peuvent être confrontés à des processus générateurs de risques psychosociaux. La non prise en compte des questions de pénibilité et de souffrance au travail a été un des éléments forts de la contestation de la réforme des retraites, ainsi 59% étaient prêts à augmenter leur taux de cotisation pour pouvoir partir plus tôt à la retraite, probablement usés par un monde du travail avec des effets intenables mais prêt à consacrer une part de leur pouvoir d’achat dans la sauvegarde de notre modèle social.
La souffrance au travail a émergé au cours des années 90 dans le débat public, à l’appui des travaux de Christophe Dejours et Yves Clot. De nombreux témoignages ont alors circulé dans la presse. Le point d’orgue fût l’affaire France Télécom et son fameux « Plan NExT ». En cause, une certaine vision du management dont la méthode consistait à dégrader volontairement les conditions de travail pour pousser le personnel à la démission ou à des mutations vers d’autres secteurs. Cette dégradation calculée économiquement des conditions de travail est responsable des 35 suicides entre 2008 et 2009.
Également, certains travailleurs sont réduits à des gestes répétitifs comme faire 150 lits en une matinée ou évoluer au sein d’horaires décalés, d’autres sont confrontés à une perte de sens provoquée par l’intensification des tâches demandées et des objectifs à réaliser, le tout dicté par une quête de profits et de rentes qui sont de plus en plus visibles au sein du monde du travail. Cette situation en devient insupportable pour bon nombre d’actifs lorsqu’ils sont dans une entreprise qui, très distinctement, porte atteinte à leur santé.

BOETH : par ici la sortie !

Lors de son dernier bilan social, La Poste nous annonçait fièrement atteindre 8.66 % de BOETH (Bénéficiaires de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés). La loi datant de 2018 oblige les entreprises de plus de 20 salariés à employer au minimum 6% de cette population. La Poste, donc, est très largement au dessus du quota minimum. Et elle enchaîne les chiffres :

  • 11 millions d’euros consacrés pour garantir une bonne qualité de vie de ce personnel dont plus de la moitié pour le maintien dans l’emploi,
  • 850 postes aménagés en 2021,
  • 370 personnes en situation de handicap seront recrutées dans les trois ans à venir.

Autre chiffre : plus de 500 postiers ont été licenciés pour inaptitude.
Combien d’entre eux étaient valides lors de leur embauche à La Poste !

L’entreprise déclare 14 000 postiers en situation de handicap. Tous, bien évidemment, n’ont pas été embauchés en tant que travailleurs handicapés. Mais alors, comment le sont-ils devenus ? Est-ce que, à tout hasard, les conditions de travail des postières et des postiers ne seraient pas, un tant soit peu, responsables d’une détérioration de leur santé ? La Poste, premier employeur de personnes en situation de handicap en France… Premier fournisseur aussi ?

Les différentes études viennent appuyer la légitimité et l’urgence de la prise en compte de nos revendications en matière de prévention. Les taux d’absentéisme dans les entreprises parlent pour nous. Dans son rapport de mars 2022, l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) a relégué la France à la place du mauvais élève de l’Europe en matière d’accidents du travail. La DARES (Direction de l’Animation et de la Recherches des Études et des Statistiques) dresse un bilan d’un autre phénomène n’épargnant aucun secteur d’activités : les risques psychosociaux. Il est constaté que les indicateurs sont loin d’être au vert quand près d’un actif sur 2 déclare devoir se dépêcher, 30 % signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois et 25 % disent devoir faire appel à d’autres en cas d’incident.

Addictions et accidents du travail

La Poste comptabilise, au regard de son dernier bilan social, près de 6 500 accidents du travail. Ils sont catégorisés par type ou par gravité, mais on peut difficilement chiffrer ceux qui sont survenus du fait d’un caractère aggravant : l’addiction.
D’ailleurs qu’est-ce que l’addiction ? L’Institut Nord-Américain des drogues (NIDA) nous donne la définition suivante : « L’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante, caractérisée par la recherche et l’usage compulsifs de substances, malgré la connaissance de ses conséquences nocives. »
L’INRS, autre institut, français celui-ci, déclare, par exemple que le risque d’accident grave au travail est multiplié par 2 chez les hommes consommant au moins 4 verres d’alcool par jour, et chez les femmes consommant au moins 2 verres par jour. Il ajoute que conduire sous l’emprise de l’alcool multiplie par 17,8 le risque d’être responsable d’un accident routier mortel.
Mais il n’y a pas que l’alcool en cause. On peut citer également les diverses drogues, certains médicaments, c’est ce qu’on appelle l’addiction à des produits psychoactifs et ils sont de plus en plus nombreux. Il y a aussi, l’addiction comportementale comme celle liée aux jeux vidéo, aux jeux de hasard ou même aux smartphones.
Les pratiques addictives ont des origines mixtes : elles peuvent naître dans le domaine privé tout comme prendre vie dans l’activité professionnelle. Certaines conditions de travail, donc, peuvent favoriser leur survenue, et ce, quelle que soit la branche d’activité. La Poste, fatalement, ne s’exempte pas de ce fléau qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde.
Quelles sont donc les actions que La Poste met en place pour contrer ce phénomène grandissant ? Est-ce que les agents sont informés suffisamment sur les risques liés aux pratiques addictives, sur les aides possibles ou sur la règlementation en vigueur ? Ce que nous redoutons, ce sont les sanctions qui seraient données sans forcément anticiper ou comprendre l’addiction dont certains agents souffrent. Bien sûr, il faut rappeler que la consommation d’alcool ou de drogue est interdite et surtout dangereuse au travail et dans la vie privée, pour soi comme pour les autres.
Pour FO Com, il est essentiel d’élaborer une démarche de prévention collective avec des formations, par exemple, afin d’apprendre comment déceler et comment prêter secours à une personne présentant un trouble du comportement. La Poste doit communiquer encore plus et permettre à des associations spécialisées d’intervenir au sein des établissements pour informer, conseiller, accompagner les personnels en difficulté. Elle doit aussi sensibiliser son encadrement et impliquer les acteurs médico-sociaux d’une manière plus pointue. Certes, La Poste prévoit la conception d’un livret à l’attention des Directeurs d’Établissements à propos des addictions (comment les détecter ? par qui ? quel comportement adopter lors du contrôle ? et en cas de contrôle positif ? etc.). Il devrait sortir lors de l’application du RI en septembre 2023. Pour autant, La Poste n’invente rien, elle ne fait que « mettre à jour » son règlement intérieur en conformité avec le Code du travail et son « obligation générale de sécurité ». Ce fameux livret ne devra pas rester sur l’épaisse pile des belles résolutions oubliées.
L’environnement de travail et les conditions dans lesquelles l’agent est placé, on l’a dit plus haut, peuvent générer des troubles addictifs du fait d’un mal-être (pression, stress, harcèlement). Et si on commençait par comprendre cela plutôt que de constater et sanctionner ?

La qualité des emplois actuels, cette « uberisation » basée sur l’offre et la demande constante en réduisant au maximum le coût du travail sans pour autant créer de vrais emplois, précarise les salariés concernés et les expose d’autant plus à des risques. L’employeur doit respecter la réglementation en vigueur. Mais la politique du « pas vu pas pris » est de mise depuis plusieurs années en raison du peu de sanctions encourues par les entreprises fautives. La mise en place de numéros verts ne doit pas les dédouaner de leurs responsabilités. Du coup, cela fait peu d’investissement de la part des employeurs pour prévenir les risques au travail, absorbés par l’indéfectible question « mon entreprise pourra-t-elle être compétitive et rentable demain ? ». Concentrons-nous sur notre avenir et notre viabilité, faisons des business plans sur 5 ans, et vogue la galère pour ceux qui seront impactés négativement !

Ergonomie : une action qui tombe à PIC ! Mais…

La Nouvelle Gamme Courrier déclenche une véritable mutation en ce qui concerne les conditions de travail dans les PIC (Plateformes Industrielles de Courrier) notamment au niveau des régimes et horaires de travail.
L’accord « d’accompagnement des activités traitement du courrier » a été négocié et signé par FO en février 2023 afin de garantir un environnement de travail le mieux adapté possible.
Dans cet accord, il y a une nouveauté : la nomination d’un ergonome. Bon, un ergonome pour toute la DEXCIL, c’est-à-dire 30 PIC qui regroupent près de 12 000 postières et postiers, cela ne ferait-il pas un petit peu léger ? Loin de dénigrer cette initiative que nous considérons évidemment comme essentielle en termes de prévention, nous nous interrogeons toutefois sur l’efficacité du nombre. Le temps que ce spécialiste des conditions de travail se déplace sur chaque site, analyse les diverses situations, fasse des propositions d’amélioration et que celles-ci se concrétisent… Enfin, vous voyez ce qu’on veut dire. La BSCC va nous dire : « Oui, mais dans l’accord, il est prévu un préventeur par site qui sera le relais de l’ergonome ». Ok ! Mais un préventeur n’est pas un ergonome, c’est-à-dire un analyste faisant le lien entre le postier et les effets de l’activité sur sa santé tant physique que mentale et tout ceci, afin d’évaluer l’écart entre le travail prescrit et le travail réel.
C’est pourquoi FO Com revendique la présence d’un ergonome sur chaque site afin d’être bien plus réactif et donc, de concrétiser collectivement les pistes d’amélioration suggérées avant qu’il ne soit trop tard pour le personnel impacté.

Quant à la réparation, les réformes successives ont éloigné les travailleurs du système judiciaire auxquels ils pouvaient prétendre. Certaines affaires courent dans le temps ou sont expédiées avec une indemnisation frôlant le ridicule. Il faut aussi mentionner celles et ceux qui sont licenciés pour inaptitude, leur corps abîmé par le travail et indemnisés insuffisamment. Ces femmes et hommes ont pour la plupart du mal à se réinsérer dans le monde du travail. Puis, on ne peut que constater avec effroi le détricotage de notre Sécurité sociale depuis qu’elle a été créée et où les gouvernements successifs, plus belliqueux les uns que les autres, n’ont plus de gêne pour piocher un million par-ci, 10 milliards par-là. Comment ne pas croire qu’un jour, les indemnisations en montant ne seront pas révisées ? N’oublions pas qu’en paysage de fond, nous avons, en France, un corps médical dans nos territoires affecté par une pénurie de personnel, des coupes budgétaires drastiques, entraînant de plus en plus de fermetures de services et créant un appauvrissement de notre système de soin alors que nous sommes dans une époque où nous devrions lui redonner un tout autre souffle. Mais comment garantir cette santé ?

Médecins du travail à La Poste,
tous les postes doivent être comblés

Si le travail c’est la santé, alors à quoi sert la médecine du travail ? (Pierre DAC)
Lors d’une réunion annuelle au Siège, nous avons appris qu’en complément ou en cas d’absence de praticiens. La Poste faisait appel à des médecins du travail des services de santé au travail interentreprises avec une convention. Cela concerne les 8 secteurs géographiques : Lozère, Essonne, Seine-St-Denis, Seine-et-Marne Sud, Guadeloupe, Guyane, Mayotte, St-Pierre-et-Miquelon. Certes, le manque de médecins n’est pas une situation postalo-postale mais un phénomène national. Toutefois, FO Com souhaite attirer l’attention sur les conséquences de ce manque qui pourrait s’accentuer : Est-ce que les postières et les postiers donneront tous les éléments au médecin qu’ils ne rencontrent, au mieux, qu’une fois tous les trois ans ? Est-ce que les médecins ont les moyens d’analyser sereinement une situation afin de prévenir suffisamment tôt l’apparition de risques et construire une relation de confiance ? Que se passe-t-il en cas de carence de médecin lors d’une visite de reprise de l’agent ? Et toutes ces interrogations ne feront que s’amplifier car la moyenne d’âge des médecins du travail dépasse les 55 ans.
De plus, à la suite des évolutions réglementaires en médecine du travail, le rôle de l’infirmier en santé au travail a évolué : il aura désormais des missions définies par le code de la santé publique et des missions confiées par le médecin du travail, sous son autorité et dans le cadre de protocoles écrits par exemple, effectuer les VIP (Visites d’Information et de Prévention).
FO Com exige que tout soit mis en œuvre pour un comblement de tous les postes vacants et revendique toujours que les services de prévention et de santé soient justement reconnus.

Des lois plus scélérates les unes que les autres…

Force Ouvrière dénonce depuis plusieurs années les différentes volontés de « simplifier » le système de prévention des risques professionnels, motivées réellement par l’appauvrissement des moyens pour les organisations syndicales, et d’aborder ce sujet uniquement sous l’angle de « coûts ».
FO n’a cessé de dénoncer l’application de la Loi El Komhri et des ordonnances Macron liées au travail, restreignant davantage la disponibilité qu’ont les syndicats vis-à-vis des travailleurs, qui est une attaque ciblée à leur droit d’expression et à leur représentation. Dans ce contexte, un syndicat est maintenant considéré comme un caillou dans la chaussure pour l’entreprise alors que son objectif est de militer pour un environnement de travail plus sûr et plus sain. D’ailleurs, la disparition des CHSCT n’augure rien de bon pour le monde du travail, puisque ce changement a eu seulement comme résultat de réduire les heures de dialogue social autour de ce sujet, emportant également une force syndicale en nombre permettant de faire rempart à une centralisation excessive alors que la santé et la sécurité au travail est une affaire de proximité.
FO n’a jamais perdu une occasion de mettre la prévention des risques au cœur du dialogue social dans nos entreprises. Depuis toujours, les manches sont relevées de notre côté pour faire avancer ce sujet plus que central. Non pas à cause des effets du marché du travail sur notre environnement, mais depuis que le monde du travail est devenu de plus en plus oppressant et exigeant, injuste et partial. Ce droit à un environnement de travail sûr et sain, classé en 2022 comme fondamental par l’OIT, doit être saisi à toutes les niveaux. On comptait jusqu’à présent quatre droits fondamentaux liés au travail : la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l’abolition effective du travail des enfants et l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession.
FO Com continuera de négocier des accords s’appuyant sur les différentes conventions de l’OIT, ratifiées ou non par la France. Cette dynamique est complémentaire à la loi sur le devoir de vigilance, loi à la croisée des chemins de nos enjeux actuels puisque l’objectif est d’éliminer toute atteinte initiée par des donneurs d’ordre aux droits humains et au respect de notre environnement. Nous resterons attentifs au quotidien et exigerons les bonnes pratiques pour éviter la propagation des facteurs de risques et mettre en place une prévention renforcée basée sur le dialogue et la proximité avec les travailleurs.

Qu’est-ce que le devoir de vigilance ?

Après l’effondrement du Rana Plaza qui a causé plus d’un millier de morts, le gouvernement français a souhaité responsabiliser les entreprises multinationales sur les violations des droits de l’Homme, la santé et la sécurité, ainsi que de l’environnement dans leurs chaînes d’approvisionnement. La loi reconnaît ainsi le pouvoir que les entreprises multinationales exercent sur leurs fournisseurs, leurs sous-traitants et leurs filiales en leur imposant de de s’engager pour que leurs partenaires commerciaux respectent un socle minimum de droits. La France a adopté une première loi le 27 mars 2017. L’Allemagne a suivi avec une loi en juillet 2021 et la Commission Européenne a initié une directive publiée en 2022.
Cet objectif du devoir de vigilance doit être réalisé par le biais de deux mécanismes : un mécanisme de prévention adossé à une possibilité de recours pour les victimes de violations dans la chaîne d’approvisionnement. Comment procède-t-on ? Une cartographie des risques doit être réalisée comprenant liberté syndicale et droit à la négociation collective par exemple, ainsi que les droits sociaux fondamentaux. Différentes procédures (évaluation, suivi, mécanisme d’alerte, consultation des organisations syndicales) doivent être mises en place.

La préservation de bonnes conditions de travail un rôle important du syndicat

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La proximité de Force Ouvrière auprès de nos adhérents et l’ensemble des agents nous permet de constater si les conditions de travail se dégradent. Le lien humain, les nombreux échanges et la confiance que nous apportons libèrent la parole et permettent de recueillir de nombreux témoignages.
Les réorganisations incessantes tiennent de moins en moins compte de l’impact subi par les postiers et accentuent la dégradation des conditions de travail. Entre études d’impact non réalisées ou non suivies dans le temps, non prise en compte du vieillissement des agents et charge de travail physique et mentale plus importante, les agents ne s’y retrouvent plus.
Ceci entraîne des conséquences désastreuses : un manque de motivation réelle et une perte de confiance en l’entreprise. Et quand la coupe est pleine, l’arrêt maladie résonne comme une échappatoire. Et c’est l’engrenage avec un absentéisme qui explose aujourd’hui à La Poste.
Le syndicat agit à plusieurs niveaux. D’abord au travers des Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Les Commissions Nationales de Santé Sécurité au Travail sont aussi un levier puisque les sujets évoqués impacteront les conditions de travail. Et enfin, le syndicat a un rôle capital sur le terrain, dans le cadre des diverses instances locales ou nationales ou dans une démarche d’alerte.
Au-delà de l’augmentation des contraintes physiques que nous constatons régulièrement et sur lesquelles nous arrivons à trouver des solutions, se développe une dégradation de la santé mentale avec des risques psychosociaux et des burn out de plus en plus fréquents. Il ne faut jamais minimiser l’incidence que peuvent avoir les remarques, la pression, les objectifs sur l’état psychologique d’un postier. Travailler ne doit pas rendre inapte, encore moins exclure. Il est anormal également de se rendre sur son lieu de travail avec « la boule au ventre ».
Des alarmes comme l’explosion de l’absentéisme, la fuite de l’entreprise à travers les démissions et les ruptures conventionnelles plus nombreuses ou encore la peine à recruter doivent faire réagir l’entreprise malgré la difficulté de plus en plus importante de se faire entendre. C’est pourquoi, à FO Com, nous poursuivons sans relâche nos actions quotidiennes pour l’amélioration des conditions de travail.